Ninon raconte: l’intérêt d’un bon sevrage
Ecrit le 04. juil, 2010 par admin rubrique les comportements gênants et déviants, paroles de minette!!
Bonjour, pour ceux et celles qui ne me connaissent pas je m’appelle Boubou et je suis une chatte impeccable et affectueuse. Si vous voulez en savoir plus sur moi rendez vous au www.amimals-dom.com Aujourd’hui je vais vous parler de l’importance du sevrage du chaton et de son comportement dans son nouvel habitat. Je pense plus particulièrement à Mikado surnommé Mimi, un chaton âgé de 4mois. Il a été abandonné avec son frère dans un carton devant un cabinet de vétérinaire à Orthez. Mikado avait tout juste 2 mois. Pauvre petit « sauvageon » On ne connaît même pas sa famille et d’où il vient. Grâce au ciel il a été recueilli par une famille aimante et attentive à ses besoins.
Nous sommes devenus des animaux de compagnie les plus populaires. Mais au fond nous restons des animaux indépendants, prudents et sauvages. Mikado représente à la perfection mon espèce puisque bien que domestiqué son caractère et ses mœurs restent proches des autres félins sauvages et prédateurs. MMIAOU !!! Et quel caractère ? Rien à voir avec mes minauderies !!!Comme bon nombre de mon espèce Mikado a été séparé de sa mère avant l’âge de 8 semaines. Et c’est souvent pour ça que de graves problèmes comportementaux peuvent survenir (agressivité, peurs, anxiétés, malpropreté, hyperactivité….)
C’est entre la 5ème et la 6 ème semaines que se réalisent le processus d’imprégnation, au cours duquel le chaton va s’identifier à son espèce. Comme il a été retiré trop tôt de sa nichée Mikado ne sait pas toujours quel comportement adopter : celui d’un chat ou celui d’un humain ? peut être celui d’un yorkshire avec qui il partage son territoire.
Comme il devait être proche de sa mère il a tendance à téter. Les chatons séparés trop jeunes de leur mère ne sont pas aussi autonomes que les autres. Ils peuvent développer un vice de comportement de tétée comme certains enfants sucent leur pouce ou leur doudou. Je pourrais conseiller à leurs maîtres de le repousser dès qu’il commence le léchage avant que cela devienne une manie ou se transforme en automutilation. Ma mère l’a fait d’instinct, ce qui m’a permis de grandir sans vivre dans l’angoisse. En plus cette situation n’est pas forcément agréable pour celui ou celle qui la subit car les griffes vont et viennent sur la peau. Et ça fait très mal. Mais j’avoue qu’à la place de Mikado je serais frustrée de ne pas pouvoir me rassurer ainsi. Un conseil ne séparez jamais un chaton de moins de 8 semaines et demi de sa mère, même si l’on vous dit « celui-ci est bien grassouillet il doit être bien sevré »
Dans la famille où il a été recueilli Mikado a la chance de pouvoir exprimer son instinct de prédateur par le jeu seul, avec Khéops, un yorkshire ou tout simplement avec ses maîtres. Tout un espace lui a été aménagé. Et ça c’est excellent!!! Son espace repos est aussi un lieu d’observation. Ainsi il peut observer les différentes activités des autres espèces.
Mikado comme tous les bons félins qui se respectent adore la compagnie à condition qu’elle ne lui soit pas imposée. En fait bien que domestiqué, il ne se soumettra jamais totalement à la volonté de l’homme. Mimi déteste être taquiné ou être considéré comme un jouet. Dans ce cas il se défendra. Si c’est lui qui vient sur les genoux, il ne supportera pas d’être retenu. Sa relation avec ses êtres d’attachement à la différence avec moi qui suis fusionnelle avec ma douce maîtresse sera placée sous le signe de l’indépendance.
Vous avez coutume de dire chers lecteurs que l’homme a domestiqué notre espèce. Mais je préfère vous dire que c’est le contraire qui s’est produit. Nous avons accepté la présence de l’Homme, nous en profitons, certes, mais jamais nous montrons la moindre manifestation de servilité à son égard. Nous considérons notre maître comme notre compagnon.
Nous acceptons tous les avantages que vous nous offrez, gîte et couvert notamment, mais nous nous réservons le droit de reprendre notre liberté comme bon nous semble. C’est pourquoi parmi mes congénères, il y a ceux qui éprouvent un jour où l’autre l’envie irrésistible de fuguer, un ou plusieurs jours. Même moi qui suis la plus heureuse des minettes, très bien soignée, je peux ressentir un jour l’appel du large. C’est une preuve flagrante que ce ne sont pas les conditions de la vie, l’environnement qui suscitent la fugue. S’il en était ainsi, comment expliquer alors le fait que le fugueur finisse toujours par réintégrer son domicile ?
Le jeu est une façon pour Mikado de découvrir le monde qui l’entoure et de se socialiser. Privé de ces jeux Mimi pourrait devenir très agressif. Les jeux avec ses êtres d’attachement sont essentiels pour lui permettre de trouver un bon équilibre. Bien évidemment avec Mikado, de par son caractère bien trempé il faut éviter que ces jeux dégénèrent par énervement. Mimi étant un joueur infatigable, ses êtres d’attachement ont prévu des jouets. www.amimals-dom.fr Par contre tout ce qui peut déclencher des bêtises doit être retiré (ex : les plantes)
Tout est attirant pour Mikado : balle, boulette de papier, pelote de ficelle, bouchon… Si vous observez un de mes congénères ou moi-même jouant avec une balle vous verrez que nous adoptons par instinct un comportement de chasseur. Mimi est ainsi. Il la guette, la fait rouler, court après, saute dessus, l’agrippe, la fait sauter en l’air, la tient entre ses pattes, la mort et recommence inlassablement. Mikado aime aussi les simulacres de combat avec Khéops qui sont généralement bien réglés car les coups de pattes sont envoyées griffes rentrées. Mais Khéops n’est pas un chat. Donc il n’y a pas d’échanges de coup de pattes.
Si le jeu est signe de bonne santé pour nous, il sera nécessaire de prendre quelques précautions pour notre sécurité car certains d’entre eux peuvent vite devenir dangereux : chat jouant sur le bord d’une fenêtre, chat jouant avec des aiguillées de fil (avalant le fil puis l’aiguille), des fils électriques…
Tout comme nos ancêtres sauvages Mikado a défini les limites de son territoire dès son arrivée à sa nouvelle demeure à l’aide de marques de griffes (pour marquer son territoire et avertir ses congénères de ses frontières à l’aide des phéromones : sécrétions glandulaires comparables aux hormones et qui constituent un message chimique) d’odeurs et de sons. C’est comme ci que Mikado avait envoyé un mail à son arrivée pour dire « Eh les gars ici c’est mon territoire alors passez votre chemin »Mais ce comportement est naturel.
Si Mimi accède à l’extérieur il peut définir son territoire chez le voisin car il peut empiéter sur celui des chats du quartier ; ce qui peut occasionner des bagarres. Là encore il s’agit d’une situation normale. Il faut savoir que notre territoire est une zone qui peut bouger perpétuellement car l’arrivée d’un chat ou d’un autre animal nous oblige à définir de nouvelles limites.
Pour habituer un chaton à son griffoir, je vous conseille de lui appuyer délicatement biensûr les pattes avant et arrière sur le support afin qu’il laisse la trace de ses phéromones. Pour Mikado, le petit objet factice attaché à une ficelle (fixé au dessus du griffoir) lui a certainement permis en essayant de l’attraper de découvrir par la même occasion son arbre à chat.www.amimals-dom.fr
Notre comportement territorial remonte à une époque où nous étions obligés de chasser pour survivre. Un conseil. Si vous souhaitez accueillir un chaton alors que vous avez déjà un animal, accordez-lui un peu de temps pour le familiariser avec son nouvel environnement avant de lui faire rencontrer son nouvel ami. Lorsque plusieurs chats vivent sous le même toit la hiérarchie s’établit naturellement d’elle-même. L’intervention humaine n’est pas nécessaire. Si le chat affirme sa position par l’agressivité croyez moi la tendance peut s’inverser pour votre petit chaton qui a l’âge adulte sera devenu plus grand et plus fort et s’aura se faire respecter.
Dans tous les cas pour vivre en harmonie avec nous bien que nous savons que nous devons respecter certaines de vos règles, sachez comprendre nos besoins. Il est important que vous préserviez notre autonomie et surtout évitez d’avoir recours aux punitions. Avant tout recherchez si la mauvaise conduite de mes congénères n’est pas due à une erreur de votre part ou à une maladie.
La réussite de l’éducation dépendra beaucoup de votre persévérance, de votre compréhension, de votre patience et de votre amour. Merci à Soizic Barot pour ses créations sur photos et d’avoir ainsi mis en valeur le petit sauvageon. Retrouvez ses créations au www.amimals-dom.com

